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Lancés par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, les appels d’offres pour 27 blocs pétroliers et trois gaziers continuent de faire couler beaucoup d’encre et de salive au pays de Lumumba. Récemment, une frange de la société civile congolaise n’a pas hésité à exprimer ses inquiétudes au regard de l’impact écologique que peut engendrer, l’exploration et l’exploitation prochaines de ces blocs que l’État Congolais a placés sur le marché.

La dynamique POLE, vu que c’est d’elle qu’il s’agit, est revenue sur les conséquences catastrophiques à long terme qui pourraient découler de l’exploitation pétrolière et gazière en RDC. La dynamique, lors d’un entretien avec la presse locale, n’a pas caché ses inquiétudes concernant l’impact négatif que peut engendrer ce projet car, à en croire, Emmanuel Musuyu, secrétaire exécutif de la Dynamique POLE, les communautés locales n’ont aujourd’hui aucune connaissance sur les mesures de sécurité à observer pour s’épargner des effets secondaires alors que justement, elles seront probablement affectées par ces activités extractives.
“Regardez bien et vous verrez que la cartographie des blocs pétroliers couvre presque l’ensemble du pays. Ce sont des terres des communautés qui seront exploitées. Il y aura des impacts sérieux sur la santé des populations et sur l’environnement. La ville de Muanda en est une preuve”, a insisté Emmanuel Musuyu.

Un danger pour la biodiversité congolaise

Près de trois semaines après le lancement du processus de la vente aux enchères des 27 blocs pétroliers et 3 gaziers par le gouvernement congolais, les lanceurs d’alerte, les Ong nationales et internationales ne cessent de protester contre cette exploitation à grandeur échelle du pétrole en RDC. En effet, plusieurs scientifiques et autres experts environnementaux craignent une dégradation systématique de la biodiversité qui, par effet papillon, mettra le monde entier en danger. C’est surtout pour cela que la dynamique POLE juge anormal que les autorités congolaises ne se focalisent que sur le côté positif du projet, la manne financière qu’il apportera au trésor public. Et malheureusement, pour la société civile, elles parlent que très peu de l’impact négatif de ces extractions sur l’environnement si ce n’est pas pour les minimiser à certaines sorties médiatiques. En effet, pour ces experts, tout exploitation pétrolière impacte toujours négativement l’environnement et ce n’est pas celles de la RDC qui feront exception.
Et dans l’optique où certains blocs mis aux enchères sont localisés dans les aires protégées, il y a violation des dispositions juridiques du pays. A en croire cette organisation de la société civile, certains blocs vendus actuellement aux enchères, se retrouvent dans les aires protégées ou ils sont localisés à proximité.
C’est ainsi que les membres de la dynamique ont brandi la loi portant régime des hydrocarbures ainsi que celle sur la conservation de la nature dans son article 20 et 25 pour rappeler l’interdiction d’une quelconque exploitation ou exploration dans les aires protégées de la RDC.

“Je vous mets à défis, il n’y a jamais eu d’exploitation pétrolière sans impact négatif sur l’environnement”, a insisté le coordonnateur de l’Initiative pour le Développement Local, Apollinaire Ngimbi.

L’économie verte comme alternative

C’est dans le même cadre d’idées qu’Apollinaire Ngimbi a laissé entendre qu’investir dans les fossiles actuellement est une option dépassée. La RDC aura tout a gagné en investissant dans l’économie verte car, elle entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources.
Le monde ayant pris les engagements de migrer vers les énergies vertes et la RDC, “pays-solution” est partie prenante dans lesdits engagements aura tout a gagné à investir dans l’économie verte.
C’est dans le même cadre que la dynamique POLE propose à l’Etat congolais de se tourner vers le projet des développements locaux dont l’accès à l’électricité durable, la promotion du tourisme et l’agriculture. Car, on peut bien lutter contre la pauvreté et augmenter l’assiette de ses revenus tout en préservant l’environnement.

« L’agriculture et le tourisme ont contribué depuis toutes ces années au budget de l’Etat. Nous estimons que le gouvernement devrait être ambitieux dans le sens qu’on veut être pays solution mais en quoi on va l’être si on ne développe pas des alternatives sérieuses qui permettront au pays de se positionner comme leader environnemental par rapport aux énergies renouvelables », a renseigné Justin Mobomi, expert congolais sur l’environnement.

Par Armando Mananasi

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