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Sacrifier l’enseignant, c’est sacrifier toute la nation. C’est en ouvrant grandement les yeux que j’ai rêvé debout une nation prendre un élan vers le développement en sacrifiant l’enseignant. L’enseignant qui est cette sirène qui retentie dans les esprits des apprenants, l’enseignant qui est cet outil qui conduit le savoir, le savoir faire et le savoir être jusqu’à la destination, l’enseignant qui est le courroie de transmission des connaissances aux apprenants. Il est étouffé et saboté.

Sacrifier l’enseignant, c’est sacrifier toute la nation. Nous avons tous été apprenants et nous voilà aujourd’hui avec plusieurs casquettes. Nous sommes devenus des grands réparateurs des sexes des femmes et d’autres organes du corps humain grâce au sacrifice consenti par un jongleur de la craie. Nous sommes devenus des constructeurs et architectes de grande renommée grâce aux hommes qui enfilent très bien chaque jour. Nous sommes devenus tout ce que nous sommes grâce à la contribution engagée d’un génie qui complète chaque jour les documents pédagogiques. Nous sommes devenus parlementaires titans et débattons les sujets délicats au parlement grâce aux notions de la rhétorique et d’éloquence que nous avons appris aux bancs de l’école et d’université. Hélas, nous parlons de tout sauf du système éducatif congolais qui du reste demeure le socle du développement. Des bruits du genre « il faut améliorer l’enveloppe salariale des députés, des médecins, des militaires et bien d’autres fonctionnaires de l’État » sont courants mais personne ne parle des conditions de vie de la personne qui façonne l’esprit de l’apprenant jusqu’à l’amener à devenir une grande personnalité dans la société. Du Président de la République aux cadres de base en passant par les médecins, les ingénieurs et bien d’autres savants, ils sont tous passés entre les mains de l’enseignant.

Sacrifier l’enseignant, c’est sacrifier toute la nation. Et cela n’est pas encore compris par les politiques congolais. Les politiques congolais qui continuent à tâtonner jusqu’a mettre la charrue avant les boeufs. Comment les autres secteurs de la vie de l’homme pourront-ils avoir une vie alors que l’enseignant est sacrifié ? Essoufflé et déçu, l’enseignant commence à vendre les connaissances en lieu et place de les transmettre. Et les connaissances qu’il vend doivent equivaloir aux sommes reçues. Pour une somme maudique communément appelée monnaie de singe correspond une catégorie des connaissances. Et la grande question qui se pose, comment sera l’élite intellectuelle, la crème intellectuelle congolaise de demain ? Allons-nous fermer hermétiquement les hôpitaux, les cours et tribunaux, les banques et bien d’autres institutions qui répondent au quotidien aux besoins de l’homme ? Congolaises et congolais, le mal est profond.

Sacrifier l’enseignant, c’est sacrifier toute une nation. Un métier tant venté hier comme noble mais qui du coup est devenu ignoble. Un métier qualifié de bon par les anciens mais devenu vilain aujourd’hui. Un métier d’excellence devenu aujourd’hui une marche pied pour plusieurs. Un metier abandonné par l’homme politique congolais. Un métier devenu bizarre à cause de la dimension commerciale qui le caractérise aujourd’hui. Les gestionnaires s’enrichissent grâce à la sueur de l’enseignant. Les parents respirent à la maison grâce au sacrifice de l’enseignant. L’État connaît la paix sociale grâce au sacrifice de l’enseignant. Hélas, l’enseignant reste le grand oublié dans la société congolaise actuelle.

Sacrifier un enseignant, c’est sacrifier toute la nation. L’Etat a ses priorités autre que l’éducation. Les parents ont leurs priorités autre que les frais scolaires. Les gestionnaires ont d’autres priorités autre que la motivation de l’enseignant. Ils se focalisent seulement à la dimension pécunière oubliant l’opérateur à la base de la réalisation de ce grand résultat. « Qui se focalise sur les profits, dégrade la qualité. Qui se focalise sur la qualité, améliore les profits » disait Jack Welsh.
Et l’enseignant dont sa priorité reste la formation intégrale de l’élite intellectuelle avertie reste le grand oublié. La nation congolaise aura toujours du mal à évoluer aussi longtemps que le système éducatif restera tel qu’il est. Il est difficile de s’envoler lorsque quelque chose te retient au sol. Debout congolais.

Sacrifier l’enseignant, c’est sacrifier toute la nation. Ne cracher pas sur la mémoire de l’enseignant chers représentants du peuple. Sincèrement, je vous accuse. Vous êtes mou lorsqu’il s’agit de la question qui touche la vie de l’enseignant. J’accuse l’État. J’accuse certains gestionnaires. J’accuse plusieurs parents. Faisons attention pour que les générations futures ne puissent nous maudire. J’attends ce grand politique congolais qui va faire des conditions de l’enseignant son cheval de bataille. Un politique congolais qui va faire du système éducatif sa priorité. Sacrifier un enseignant, c’est sacrifier toute une nation.

Une pensée révolutionnaire étalée à l’honneur de l’enseignant par Olivier Nshimiyimana Niyomutima dit Nshino de Nshino, assistant du service social et sociologue de formation.

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