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Aucun État responsable ne peut légitimer la violence comme moyen de règlement des différends politiques. Sur la base de ce principe, les musiciens congolais ont déposé, le 13 octobre 2021, leur mémorandum dans lequel ils sollicitent du président Félix Tshisekedi d’engager des pourparlers avec des autorités de l’espace européen pour une protection responsable des artistes musiciens congolais face à une velléité terroriste qui se cache derrière les prétendues revendications politiques des combattants.

Trop, c’est trop. Des musiciens congolais ne veulent plus être victimes de l’intolérance de certains de nos compatriotes vivant en occident, s’opposant à toutes les prestations des artistes musiciens de la RDC. C’est dans ce contexte qu’ils ont constitué une délégation et déposé, le 13 octobre 2021, leur mémorandum au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi.

Dans le document signé par les artistes musiciens tels que Ngiama Werrason, Félix Wazekwa, Héritier Watanabe, Fabregas et Adricha Tipotipo, les musiciens sollicitent du président de la République son «implication politique et diplomatique ; la protection du patrimoine culturel de la RDC auprès des dirigeants des États Schengen afin de mettre terme au comportement violent de combattants».

La démarche des musiciens tombe à point nommé. Car la Rumba congolaise n’a plus qu’un mois pour être inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité auprès de l’Unesco. Voilà qui motive encore ces compatriotes qui attendent de Fatshi Béton un dénouement de cette affaire qui n’a que trop traîné : «Ainsi, espérons vous voir ménager aucun effort auprès des autorités de l’espace européen pour une protection responsable des artistes musiciens congolais face à une velléité terroriste qui se cache derrière les prétendues revendications politiques des combattants. Aucun État responsable ne peut légitimer la violence comme moyen de règlement des différends politiques ».

Accusations non fondées

Dans leur mémorandum adressé au chef de l’État, les musiciens congolais dénoncent le fait que sans raisons valables, ces compatriotes vivant à l’étranger (combattants) empêchent les échanges culturels entre la RDC et ses pays amis, mettant ainsi en péril la promotion de la culture congolaise et compromettant, par conséquent, toute possibilité pour l’art congolais de faire vivre son auteur. Ces menaces dirigées contre la culture congolaise ont même poussé, dans un passé récent, la préfecture de Paris, en République française, d’annuler le concert que devait livrer le 17 septembre 2021, au Zénith de Paris, l’artiste musicien Werrason Ngiama Makanda avec son groupe Wenge Musica Maison mère. Les menaces dirigées contre d’autres artistes notamment Koffi Olomide, Félix Wazekwa, Ferre Gola, Fabrigas, en prévision de leurs productions avenir dans l’espace européen ne sont pas en reste.

Dans le même document, les musiciens congolais se disent convaincus que les motifs évoqués par ces combattants pour justifier l’interdiction de toute production musicale sont inavoués. Pour eux, ces combattants s’attaquent plutôt à la culture congolaise. Ils rappellent que le mouvement des combattants est né à la suite des contestations politiques ayant précédé l’accession de Félix-Antoine Tshisekedi à la Magistrature suprême. Il avait pour principal souci le changement politique appelé à mettre un terme au régime de l’époque, dirigé par l’actuel sénateur à vie, Joseph Kabila Kabange. C’est dans ces entrefaites que l’artiste musicien congolais, du reste condamné à tort, a été accusé d’accompagner le régime Kabila et privé de toute production sur le sol européen. Cependant et en meilleur juge, le temps a permis de comprendre que cette accusation faite contre l’artiste musicien congolais ne reposait sur des raisons fondées.

User de sa forte diplomatie

Le musicien congolais a su démontré que même chanter en faveur d’un acteur politique n’était pas nécessairement un acte d’accompagnement ou de complicité politique mais plutôt un acte d’attachement à la culture bantou qui voudrait que le nom d’une personne soit cité ou chanté dans une œuvre musicale pour des raisons qui ne sont pas nécessairement politiques. Alors que le musicien congolais, à travers son comportement et ses œuvres, a salué le changement politique intervenu dans le pays, lequel est à ce jour marqué par les mutations impulsées par Félix-Antoine Tshisekedi qui est issu de la mouvance des combattants.

Au demeurant, une certaine opinion estime que les doléances des musiciens congolais sont tombées entre les bonnes mains du chef de l’État, garant de la nation, qui ne ménagera aucun effort pour essayer de résoudre à son niveau, grâce à sa forte diplomatie et sa politique de bon voisinage, ce conflit congolo-congolais afin de lever la mesure interdisant les productions congolaises à l’étranger. C’est dans cette condition seulement que la culture congolaise, en général, et sa musique, en particulier, seront promues à l’étranger.

Le Potentiel / Le Télégramme du Congo

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