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Tout a commencé lorsqu’il y avait des tensions politiques en 1990 entre l’opposition incarnée par Étienne Tshisekedi, et le maréchal Mobutu. Pour apaiser les esprits, Monseigneur Monsengwo est alors désigné à la tête de la Conférence nationale, en décembre 1991, avec pour mission de réconcilier les Zaïrois.

L’opposition avait compris que le pouvoir voulait à tout prix saboter la Conférence nationale souveraine et imposer un chaos lors de la plénière du 11 septembre 1991. Cela avait conduit à la fermeture de la CNS. C’est à cette occasion que l’opposition a proposé le choix de Monsengwo pour présider cette Conférence… “On m’a expliqué la chose et j’ai accepté car il en allait de l’intérêt du pays”, avait-il expliqué.

Mais après quelques semaines, le premier ministre Nguz A- Karl-i-Bond interrompt à nouveau la Conférence nationale. Le 16 février 1992, intervient alors, un autre événement majeur, le massacre des chrétiens, lors d’une marche de l’espoir. Une marche pacifique de chrétiens qui appelaient à la réouverture de la CNS et qui sera réprimée dans le sang, faisant 21 morts et 16 blessés, selon la Ligue zaïroise des droits de l’homme.

Cet événement tragique a redonné du souffle à la Conférence nationale souveraine.

Le prélat catholique reprend alors les travaux à la tête de la Conférence nationale en impliquant chaque parti dans les négociations, avec brio. Il a pour mission d’amener chacun, y compris le président Mobutu, à reconnaître ses responsabilités de la situation dans le pays.

D’aucuns commencent à s’interroger sur les motivations de l’homme d’Eglise, au point de se demander s’il agissait par conviction religieuse ou était-il guidé par une stratégie politique.

“C’était plutôt une conviction patriotique et rationnelle. Ma vocation d’homme d’Eglise était de réconcilier les fils et les filles d’un même pays. La preuve est qu’on a abouti à une réconciliation, même si celle-ci n’était pas totale… Le fait de réconcilier les gens appartient à la vocation du prêtre”, avait-il répondu.

En juillet 1992, Mobutu signe un “Compromis politique global”. Il s’agit de mettre en place une collaboration entre trois grandes instances : la présidence, le gouvernement et le Haut conseil de la république (HCR), qui prend le relais de la Conférence nationale.

Etienne Tshisekedi qui avait été limogé quelques mois plus tôt par Mobutu, est élu premier ministre par la Conférence nationale.
Se forme alors, une sorte de pouvoir, réparti entre trois acteurs principaux:  Mobutu comme chef de l’Etat, Mgr Monsengwo comme président du parlement de transition, issu de la CNS et Etienne Tshisekedi comme chef du gouvernement. Mais la collaboration sera très difficile entre le président et le chef de l’exécutif.

Mgr Laurent Monsengwo Pasinya intronisé archevêque de Kinshasa

Le 2 février 2008, Monseigneur Monsengwo a été intronisé archevêque de Kinshasa. La cérémonie de prise de possession canonique s’est déroulée à la cathédrale Notre Dame du Congo à Kinshasa. Nommé le 6 décembre 2007 par le pape Benoît XVI, il est le quatrième archevêque de Kinshasa, après Mgr Félix Scalais (1959-1964) et les cardinaux Joseph Albert Malula (1964-1989) et Frédéric Etsou (1990-2007).

Dans son adresse aux fidèles congolais, le nouveau pasteur de Kinshasa les avait invités à lutter contre les antivaleurs. Aux belligérants, il a demandé d’arrêter définitivement la guerre et de respecter les accords signés à Goma pour une paix définitive en RDC. Un discours qui est encore d’actualité treize ans après.

Lors de la présidentielle de 2011, à la publication des résultats, Joseph Kabila a été sacré président élu, face à Étienne Tshisekedi.
Et Monsengwo est monté au créneau pour déclarer que ces résultats n’étaient conformes “ni à la vérité ni à la justice”.

Candidat président de la République…

Une pétition avait été lancée en vue d’obtenir la candidature du cardinal Laurent Monsengwo à la présidentielle de 2018.

Le plaidoyer pour la candidature du prélat catholique était une initiative de la Dynamique chrétienne pour l’unité et la démocratie (DCUD) qui estimait que le le pays avait besoin d’une personnalité intègre, compétente, capable de rassembler et de rassurer les Congolais.

Cette organisation chrétienne était, en effet, convaincue que le prélat catholique était la personne la mieux indiquée pour tenir les rênes de la République démocratique du Congo, et à même d’asseoir un large consensus autour d’elle.

La cérémonie de lancement de cette pétition a eu lieu le 20 juillet 2018, à Kinshasa, en présence d’un parterre de journalistes et de nombreux invités. Les initiateurs ont fait fi des charges ecclésiastiques qui sont celles de cet homme de Dieu, n’y voyant aucune incompatibilité avec la posture présidentielle qu’ils veulent lui faire endosser.

“Je n’ai jamais posé ma candidature à la présidence de la République”

“Je n’ai jamais posé ma candidature à la présidence de la République”, a rétorqué, le 30 juillet 2018, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, alors que la pétition avait déjà atteint de centaines milliers de signatures.
Bien avant cette déclaration, le Comité laïc de coordination (CLC), un collectif de laïcs catholiques, avait dénoncé cette pétition, soupçonnant une manipulation pour discréditer le prélat.

“Moi, j’ai autre chose à faire”, avait-il tranché.

Un parcours élogieux

Mgr Laurent Monsengwo a été nommé archevêque de Kisangani le 1er septembre 1988. Son intronisation à la tête de cet archidiocèse a eu lieu le 20 novembre de la même année. Il en avait été l’évêque auxiliaire de 1981 à 1988. Il a, plus tard, présidé la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) de 1984 à 1992. A cette époque, il en était à son premier mandat comme président. En 1992, il a dirigé les travaux de la Conférence nationale souveraine.

Au niveau de l’Eglise catholique en Afrique, l’archevêque de Kinshasa a assumé les fonctions de président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) pendant 6 ans, avant d’assurer la co-présidence de Pax Christi international.

Mgr Laurent Monsengwo a été nommé évêque le 4 mai 1980 par le pape Jean-Paul II qui lui a donné l’ordination épiscopale à Kinshasa, lors de sa première visite en terre congolaise. Le prélat congolais a rempli les fonctions apostoliques d’évêque auxiliaire d’Inongo en 1980, avant d’être transféré à Kisangani. Il a auparavant occupé le poste de secrétaire général au sein de la Conférence épiscopale de 1976 à 1980. Il est né le 7 octobre 1939 à Mongobele, dans le diocèse d’Inongo, dans l’ancienne province du Bandundu.

 Par LM
congo-press.com (MCP) / Le Télégramme du Congo

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