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En RDC, la politique semble être l’art du mensonge où pour gagner un duel il faut être un fin stratège qui amène ses adversaires tout droit dans son piège pour leur faire mordre la poussière ou avaler l’hameçon. Le Congo est arrivé à un point où personne ne fait confiance à l’autre.
La culture de l’honneur et de la sincérité n’existe plus. Et même quand on signe un accord, on ne se donne pas la peine de respecter ses engagements, chaque partie a son agenda caché et cherche à tout prix à éliminer l’autre pour rester le seul maître du jeu. C’est la jungle!
Bien que tous parlent au nom du peuple, en réalité personne ne se soucie du bien-être de la population qui est chosifiée à souhait. Sa situation sociale demeure inchangée malgré les bons discours de ses dirigeants qui peaufinent des nouvelles stratégies pour mieux se positionner et avoir un poste dans le gouvernement d’Union sacrée prônée par le Président Tshisekedi. Et pourtant à l’Est du pays, l’insécurité ne désarme pas. Il ne se passe pas un jour sans que des civils innocents soient massacrés, des femmes et filles violées et les pillages systématiques de nos ressources naturelles par les seigneurs des guerres se poursuit avec frénésie.
Dans les milieux urbains, l’insalubrité, le salaire, le transport, l’éducation, le logement, la criminalité, le chômage, les érosions et inondations n’ont jamais trouvé des solution idoines. Rien n’est fait, malgré les discours formidable des dirigeants.
Union sacrée ou union sucrée ?
L’on ne cessait de rappeler que le mariage FCC-CACH était contre nature et non bénéfique à la population. Le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi l’a reconnu et a mis définitivement fin à cette coalition de façade et a appelé, à cet effet, tous les acteurs sociopolitiques à adhérer à l’Union Sacrée pour sauver la nation qui est en danger. Mais cet appel pathétique du Chef de l’Etat a donné la voie aux opportunistes pour se refaire une santé financière.
Loin d’eux l’idée d’aider le Président Tshisekedi à concrétiser son crédo du “peuple d’abord” mais la plupart de ces anciens mobutistes et kabilistes visent autres choses et risquent de rendre encore la tâche plus difficile au Chef de l’Etat.
A ce jour, qu’est-ce que le peuple pourrait attendre de bons de ceux-là qui, avec Mobutu et Kabila, ont émietté le pays? Rien du tout. Se sont-ils convertis? Si oui dans quelle eau bénite se sont-ils baignés pour être blancs comme neige? En ce moment où le Président Tshisekedi reconnaît avoir passé deux ans sans rien faire d’extraordinaire, le pays n’a plus besoin d’un gouvernement budgétivore de 65 membres.
Il suffit pour le Président Tshisekedi d’avoir un gouvernement de 15 ou 20 membres pour constater la fin tragique de l’Union sacrée. Car en politique le conflit est permanent et la solution difficile!
La guerre FCC-CACH est encore loin de se terminer
Jusqu’à ce jour, personne ne sait encore ce que nous réserve le camp Kabila malgré la destitution de Jeanine Mabunda et la crise au sein du FCC. Le camp Kabila se reconnaît toujours majoritaire au parlement et ne cesse d’accuser le Président Tshisekedi de violation de la Constitution et d’écarter le FCC du jeu politique.
Et d’autre part, le Président de la République semble être bloqué et cela va faire bientôt un mois depuis qu’il a émis le vœu de nommer un informateur pour requalifier la majorité parlementaire.
Ce schéma de Tshisekedi serait facile si le Premier Ministre Sylvestre Ilunga avait volontairement démissionné. Et pour le moment la seule carte à jouer pour faire partir Sylvestre Ilunga reste le parlement, qui, jusqu’à ce jour n’a pas de bureau définitif qui a le pouvoir de destituer ou d’investiture un gouvernement. Et cela risque de prendre des mois avant que le gouvernement d’union sacrée soit mis en place à moins que le Chef de l’Etat fasse le forcing qui aggraverait encore la crise.
Le Premier Ministre sortira de l’OVNI !
Rien ne nous rassure jusqu’à présent que Kabila a perdu sa majorité numérique au Parlement. L’élection du nouveau Président de l’Assemblée nationale risquerait de compliquer l’Union sacrée si ce dernier provenait du FCC fidèle à Joseph Kabila.
Comme en politique il n’y a rien pour rien, les transfuges du FCC qui ont rejoint l’Union Sacrée s’attendent occuper la Primature. Ce même poste est envié par Modeste Bahati qui avait claqué la porte du FCC parce qu’on lui avait refusé la Primature et la Présidence du Sénat. Où on va-t-on en arriver ?
Avec ses anciens sociétaires de Lamuka Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, la vigilance et la méfiance sont de mise après le débâcle de Genève. Les 3 hommes se connaissent parfaitement bien. Félix-Tshisekedi a reçu ses deux transfuges de Lamuka. On saura un jour ce qu’ils se sont dit.
Après avoir passé 10 ans à la CPI, Jean-Pierre Bemba attend impatiemment la Primature pour refaire sa santé financière et marquer son retour sur la scène politique tant nationale qu’internationale.
De même Moïse Katumbi qui a régné sur le Katanga quand il fut gouverneur de cette province veut aussi ce poste pour asseoir sa popularité au niveau national pour mieux préparer les échéances de 2023. Il y a aussi Jean-Marc Kabund, Président intérimaire de l’Udps qui s’est battu comme le diable dans le bénitier pour déchoir le bureau Mabunda s’attend aussi occuper ce poste.
Le choix du Premier Ministre risquerait de sceller le sort de l’Union sacrée car tous veulent ce seul poste. Ainsi, le Premier Ministre sortira de nul part donc de l’OVNI (Objet Volant Non Identifié). La tragédie de ce pays est donc prévisible !

Par Joseph Lounda

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